(parlé)
Je suis ouvrier, je fais mes houites heures.
Le soir, en rentrant je fais du cent à l'heure
Chez moi, les enfants sont gais, c'est là mon bonheur
On parle de vacances,
On fait des projets
On a de la chance,
On touche les congés payés
Cette année on ira en France
Pour se faire bronzer
On possède un chalet
Qu'on paye à crédit
On est bien meublé
On a tous un lit
Et un WC, pour faire pipi
Ma femme, les enfants, on est bien quoi
Si on est souffrant on va chez le médecin
Si je suis absent je ne gagne pas moins
(chanté)
Mon arrière-grand-père faisait ses douzes heures
Ses petits et leur mère travaillaient dix heures
Manger les pommes de terre, du pain sans beurre
C'était la misère et pas le bonheur
Nanaï nananaï nanaï nanaï nanaïnaï
Dimanche ou vacances fallait y aller
Ils n'avaient pas de chance, pas de congé payé
Dépenser d'avance ce qu'ils allaient gagner
Le goût de la France l'amenait au café
Nanaï nananaï nanaï nanaï nanaïnaï
(parlé)
Les ouvriers d'avant étaient prolétaires
Quel mot ! J'ai dû consulter le dictionnaire
Et là , j'ai trouvé la clef du mystère
C'était l'ouvrier au plus bas salaire
Il gagnait juste assez pour ne pas mourir
Moi sui suis gâté, qui aime le plaisir
Je suis assuré pour mon avenir
Je me suis renseigné et me mis à lire
Voilà que j'apprends par un cours d'histoire
Qu'un certain philosophe aurait crié gare
Il y a plus de cent ans déjà ,
Révolté de voir le drame de ces gens près du désespoir
C'est à ce moment-là que dans le pays
Se développa un nouveau parti
Qui créa des lois et petit à petit
Ont fait du pauvre gars l'heureux que je suis
(chanté)
Mon arrière-grand-père avait un taudis
Un trou sans lumière pour toute la famille
Ils dormaient par terre, ils n'avaient pas de lit
Ils manquaient d'air ça sentait le moisi
Nanaï nananaï nanaï nanaï nanaïnaï
Parfois à cinq ans mourait un gamin
Car faute d'argent pour payer le médecin
Sans médication il crevait sans soin
La mort d'un enfant quel terrible chagrin
Nanaï nananaï nanaï nanaï nanaïnaï
Mon arrière-grand-père faisait ses douzes heures
Ses petits et leur mère travaillaient dix heures
Dimanche ou vacances fallait y aller
Ils n'avaient pas de chance, pas de congé payé
Nanaï nananaï nanaï nanaï nanaïnaï
(parlé)
Je ne dis plus pourquoi
Cette fois, j'ai compris
et je dis merci
Transcripteur : mouke |
Nanananaïe nanaïe nanananaïe nanaïe naïe
Le leo ferré des hauts-fourneaux !!!
Pauvre arrière-grand-père… Travailler douze heures et dormir dans une boîte à chaussures qui sent le moisi… Dommage que son arrière-petit-fils n'ait pas trouvé un diapason en même temps que son dictionnaire.
N'est pas Jean Ferrat qui veut…
Et voici les paroles. Pommes-de-terre et lutte contre la dictature, ananaille. [merci]
naïnaïnanananaï… poignant… très "germinal" comme ambiance…
No pasaranananaï
Digne héritier de Ferrat et des années Yéyé … J'aime la "Ils manquaient d'air ça sentait le moisi" Visiblement ça a atteint les neurones des parents.
C'est sorti en quelle année, cette chose ? Ah, 1984, je comprends mieux. C'est une production tout à fait dystopique.
Il a cassé l'ambiance …. Il fout le bourdon…
Dites moi que c'est du second degré … svp …. c'est pas possible autrement ! Marx doit se retourner comme une crêpe.
Un instant de reves, des paroles a tomber ( "un wc pour faire pipi"), un pur instant de bonheur. A ecouter en boucles pour decouvroir toutes les subtilités du nanaie du refrain
Il faut dire merci ! merci à qui ? E.A.S.
excellent! un hymne au social! nanaï nananaï nanaï nanaï nanananaï
"Misereu…Misereu…C'est sur les pauvres gens que tu t'acharnes obstinément"
"Je me suis renseigné, et me mis à lire…" Quelle culture, Artibano!
Du tout bon. Ca commence par un catalogue Ikea, ça se transforme en tract "Lutte ouvrière", et ça finit en conte de Dickens. Au génie !
Pas avec ça qu'il sera devenu proprio de son chalet…
"Et un WC, pour faire pipi" c'est sympa de nous expliquer l'utilité des commodités.
Moi j'ai deux wc chez moi pour faire pipi ! Est-ce que je suis un riche ? Ben dis-donc, je pensais pas que ça pouvait tenir à ça ! Ahh! ça va beaucoup mieux, merci Artibano !
Le bide communiste, y a que ça de vrai, ça remet les choses en place ! Le cynisme a le droit d'être de gauche, de temps en temps, non ?
Moi j'suis sur que la face B est moins engagée ! Cela dit j'adore la Nanaïerie moi aussi.
A côté de ça, "Rémi sans famille" c'est plutôt "Ricky ou la belle vie".
A ceux qui se demandent ce que l'auteur a voulu dire par "le gout de la France l'amenait au cafe". Avoir le gout de la France, c'est aimer le vin, denree o combien francaise, qu'on allait socialement boire au bistrot. La pauvrete plongeait nombre de misereux dans l'acoolisme. Ils passaient la plupart de leur temps libre au cafe a exercer leur "gout de la France". Je me trompe peut-etre… En tout cas, je ne vois pas d'autre explication.
C'est marrant dans mon dico à moi y'a pas du tout la même définition de "prolétaire"… En plus s'il avait lu Marx il saurait qu'en dessous des prolétaires il y a les "sous-prolétaires", l'armée de réserve du Capital.
"Je suis assuré pour mon avenir"; ben il a du pot la gars. C'est vrai que c'était en 84: la sécu n'avait creusé son gigantesque trou, le livre blanc sur les retraites (et leur désastre prévu) de Rocard n'était pas encore sorti et j'en passe…
Génial, le Jacquou le croquant du vinyle ! La chanson m'évoque la version télévisée par stellio Lorenzi, bref le grand art…
"On a tous un lit /Et un WC, pour faire pipi" : je ne saisis pas : chez le "pauvre gars" il n'y a qu'un seul lit pour toute la famille ou bien ils ont un WC privatif par personne ?
Un nouveau genre:la chanson réaliste mélodramatique anti-poétique .Tellement maladroit qu'on se dit que ça ne peut pas ne pas être sincère.Vraiment facinant et hallucinatoire.J'adore! (hop dans mes favoris)
--> Jissé0310 écrit "Tellement maladroit qu'on se dit que ça ne peut pas ne pas être sincère."
Et si c'était le contraire :-) .
C'est pas gentil de se moquer, il a fait un bel effort pour écrire cette chanson, les paroles sont très vraies et sincères (pour tout ceux qui ont vu ou lu Zola "Germinal"), la mélodie est jolie et il y croit sincérement; c'est un vrai artiste engagé, il en reste de moins en moins! et Il y en a des bien pires!!
n° du CCP pour envoyer de l'argent. Merci
dire qu'on est en train de revenir sur tout ce que nos ancetres ont gagné !
Ce morceau meriterait un chapitre dans "Le Livre noir du communisme".
Rien à faire, chaque fois que je vois cette pochette, je lis pour la face B : "Tues la femme", et je ne peux m'empêcher de me demander s'il s'agit de Claude Forier…
Mon arrière-grand-père n'avait pas internet non plus, et il ne savait pas écouter Bide & Musique !
Un bide par un communiste…Voila un specialiste :!!!!
Quand on écoute bien les paroles….on peux dire que l'on fait une sacrée belle vie !!!!!!
Artibano continue aujourd'hui, voici son site Web : http://artibano-sipem.com
C'est la lutte finaaaanananananaïnanaïna nanaille !
j'adore !
En ces périodes d'élection, je propose qu'on vote pour qu'Artibano figure au Top 50!!!
Vous je ne sais pas mais j'ai été sidéré de voir que le timing de la chanson était 3:46. Ca me semble toujours durer 10 ou 12 minutes à chaque fois que je l'entends.
"Un WC pour faire pipi" … Poignant …
Il va en vacances en France. Du coup il habite où ? En Belgique ?
Un mélange de Daniel Guichard, Léo Ferré, Pierre Bachelet et Serge Reggiani.
Ouh la ! Quand je lis les commentaires, je me rends compte que je ne suis pas sur la même longueur d'onde que les autres auditeurs de Bide&Musique à propos de cette chanson !!
Je l'écoute depuis des années (sur B&M) et je suis à chaque fois très touché et ému.
Je ne la trouve pas ridicule ni maladroite, je la trouve belle et poignante. Au premier degré.
Je la trouve juste, et bouleversante.
:)
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