Giorgio Eighties
Sain d'esprit
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Re: Capdevielle
Le 15-06-2016 à 13:02:12
Bonjour,
en déménageant le week-end dernier, je suis retombé sur des chroniques d'albums de rock, dans mes vieux cahiers de lycéen ;)
En voici une de JP Capdevielle, une critique.. au vitriol ! Mais tellement bien écrite… Chapeau au journaliste :D
F. G., ça pourrait être François Gorin, journaliste à Rock'n'Folk dans ces années là .
ça date de 1981.
JEAN-PATRICK CAPDEVIELLE
LE LONG DE LA JETEE
CBS 85360
« Rien à foutre des critiques des canards de rock ! » nous déclarait l'an passé J.-P. Capdevielle. « Vous pouvez reconnaître les journalistes et les invités, c'est ceux qui sont assis ! », braillait derechef J.-.P. Capdevielle au milieu de son concert parisien. A la stupéfaction générale, puisque les 9/10 de l'auditoire étaient assis, ce qui laisserait à penser que presque tout le monde vient voir J.-P. Capdevielle pour le critiquer. Pauvre garçon ! Pour le 1/10 restant - ceux qui envoient des lettres pour soutenir leur héros - et parce que ça ne sert plus à rien de lui chercher des poux si énormes dans sa tignasse mal peignée (exprès), voici une non-critique du troisième album de J.-P. Capdevielle sous forme de fiche-bricolage : « Comment réaliser vous-même le prochain J.-P. Capdevielle ». Cela lui permettra de lézarder un peu plus à Ibiza, et tout le monde sera content.
C'est très simple. Il vous faut d'abord expressément ingurgiter à haute dose l'intégrale du chanteur américain Bruce Springsteen. Si ce nom ne vous dit rien, passez un tour puis courez acheter ses cinq disques, plus éventuellement un pirate live, (là , nous nous garderons de vous dire comment). La matière est assez largement fournie, et J.-P. Capdevielle, qui a découvert avec vous « The River » et plongé cette fois dans les longues pièces orchestrées à la « N.Y. City Serenade » ou « Jungleland », vous en laisse encore une partie inexplorée. Piquez aussi à l'un de vos aïeuls quelques œuvres du poète rock Bob Dylan, au moins celui qui s'intitule « Highway 61 Re (-re-re)visited »; ça peut aider. Ainsi que, pour mémoire, un échantillon de voix de J. Higelin. N'omettez pas enfin les précédents disques de J.-P. Capdevielle, car pour couper court à tout persiflage, il a désormais décidé de se plagier lui-même. Sur ce, greffez-y fièrement votre fatras favori de souvenirs imaginaires (si vous étudiez Rimbaud au lycée, c'est parfait; mais attention ! L'usage d'hallucinogènes est considéré comme tricherie) assaisonné en vrac de lieux cabalistiques, si possible furieusement romantiques et un poil sordides (rues, trottoirs, caniveaux, ponts, autoroutes, plages désertes, jetées, décharges, collines, terrains vagues, maquis, bordels…), de personnages mythiques ou mystérieux (femmes fatales, clochards, paumés, pauvres gosses, archanges, méchants…). Les phrases commençant par « Y a », « Pendant que », « Tout le monde », « Personne », sont les bienvenues. Instrumentalement, je crois que vous avez commencé à piger le truc. Procurez-vous en plus un saxophoniste de préférence noir et baraqué (sinon, tant pis) et à l'instar de J.-P. Capdevielle, qui s'est payé des castagnettes, égayez la sauce d'un truc insolite, cornet à piston ou autre. Et voilà , le tout est joué. Il ne reste plus qu'à vous suggérer quelques titres bien sentis : « Ce Fleuve d'Enfer », « Hey Conchita », « Du Côté d'sur le Pont d'Avignon », « Les Murs de Babylone », « T'as pas Cent Balles ? ». Ah non, le dernier ne convient pas, là . Enfin, à vous d'en décider. -
(j'ai des scans de l'article; mais je ne trouve pas comment on importe une image sur le forum…)
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